La photographe roumaine Felicia Simion nous a raconté sa série Ethnographies, qu’elle présentera au Festival Circulation(s) 2019. (Photo d’ouverture : © Felicia Simion)
Nous vous avions parlé de Felicia Simion à l’occasion du Tremplin Jeunes Talents de Deauville Planche(s) Contact, qu’elle a gagné en 2017. Aujourd’hui, nous vous présentons sa série Ethnographies, un projet encore en cours qui veut étudier les manifestations culturelles et anthropologiques à partir de la région de la Roumanie d’où l’artiste est originaire. Une archive visuelle des mœurs et du folklore de la Roumanie rurale contemporaine, dans un contexte de dépopulation et d’augmentation des flux migratoires. La série se déroule au sein de plusieurs régions : les Maramures, l’Oltenia, la Vrancea et les villages près de Bucarest.
« J’ai commencé à documenter les usages et les costumes pendant ma première année d’études en Ethnologie et Anthropologie Culturelle, dans un contexte académique. J’ai réalisé au fur et à mesure que j’étais moins intéressée par le passé (qui est à mon sens quelque chose de mort, impossible à répéter) et plus focalisé sur comment dans le présent on réitère certains phénomènes » explique-t-elle. Fascinée par les traditions, elle entend à travers ce travail « ré-contextualiser et réinterpréter l’archaïque ».
Pour elle, dans un but de survie, tout est soumis au changement. C’est le cas aussi des usages ancestraux, qui demeurent uniquement s’ils sont encore utiles et sensés pour une communauté donnée. Ainsi, la photographe s’est intéressée à comment ces changements étaient à l’oeuvre dans son propre pays, fascinée par l’éphémère de certains aspects que l’on a l’habitude de penser intemporels.
« En documentant ces pratiques, je me suis retrouvée dans un temps qui n’est ni futur, ni présent, un lieu à la frontière entre notre vision moderne anthropocentrique du monde de nos ancêtres, qui suivaient une vision cosmogonique de la vie » raconte Felicia Simon.
La série Ethnographies sera exposée au Festival Circulation(s), du 20 avril au 30 juin, à Paris. L’occasion de découvrir ce travail exceptionnel, à la croisée de l’art et de l’anthropologie.
Source : Felicia Simon
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